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Discours

Intervention de Monsieur Edward Nalbandian, Ministre des Affaires étrangères de l'Arménie à l'ouverture de l'exposition consacrée au Centena

28.04.2015

Madame la Maire,
Cher Maitre, cher Charles Aznavour,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Monsieur le Maire adjoint d’Erevan,
Monsieur le directeur du Musée-Institut du Génocide Arménien,
Messieurs les coprésidents du CCAF,
Monsieur le president de la mission 2015,
Mesdames et messieurs les représentants des associations,
Mesdames et messieurs,
Chers amis,

En cette année 2015, pour la première fois dans son histoire, l'humanité commémore le centenaire d'un génocide. Pour la première fois dans son histoire, l'humanité commémore les cent ans d'un crime contre elle-même.
Cent ans d'un génocide. Cent ans des génocides - qui ont suivi celui du peuple arméniens. Cent ans de déroute et d'errance de l'humanité dans les couloirs de plus en plus obscurs du mal, cent ans de marche de l'être humain vers une existence de plus en plus déshumanisée, guidée par une seule obsession aveugle: tuer l'autre parce qu'il est différent.

Le 24 avril de cette année, le jour de la commémoration du Centenaire du Génocide arménien était exceptionnel; exceptionnel par l’engagement sans précédent des personnalités, des peuples et des pays qui appellent les faits par leur nom, qui sont justes et qui rejettent le mensonge, par la solidarité envers le peuple qui a survécu au premier génocide du XXe siècle. Si l’humanité était tenue tellement solidaire envers les Arméniens il y a cent ans, comme c’était le cas il y a quelques jours, aurions-nous la possibilité d’eviter le génocide perpétrés il y a un siècle et après celui-ci?

Si l'abomination commise contre les Arméniens était prévenue, si les auteurs et les perpétrateurs de celle-ci étaient punis, les nazis, extermineront-ils les Juifs avec la même brutalité? Bien sûr que non! La communauté internationale, a-t-elle pris les mesures nécessaires pour prévenir les génocides du Cambodge, du Rwanda, du Darfour? Bien sur que non! La communauté internationale prend-elle les mesures nécessaires pour mettre fin aux actes génocidaires perpétrés au Moyen-Orient de la part des groupes extremistes et terroristes? Malheureusement, non. L'humanité, pourra-t-elle se réveiller enfin?

En cette année 2015, elle est venue répondre à cette interrogation, à l'occasion du centenaire du Génocide arménien. A travers les propos de sa santeté Pape François qui a parlé de la tragédie arménienne comme du premier génocide du XXème siècle, à travers la résolution du parlement européen, à travers la déclaration de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, à travers la déclaration de la Secrétaire générale de la Francophonie et autre organisations internationales, à travers les resolutions et declarations adoptées en Allemagne, en Autriche, dans plusieurs pays du monde, à travers le déplacement en Arménie de plusieurs centaines de personnalités et hommes d’etat étrangères, à travers la visite à Erevan, le 24 avril, des délégations représentant plusieurs dizaines de pays et des organisations internationales.

Parmi ces pays présents aux côtés de l'Arménie et du peuple arménien, la France était dans les tous premiers rangs, fidèle à son rayonnement international en matière des valeurs universelles des droits de l'homme.

Et c'est avec beaucoup de plaisir que je saisis cette occasion afin de remercier la France, pays qui a rendu hommage aux victimes du Génocide arménien au niveau le plus élevé de l'Etat, par la presence à Erevan de la délegation, dirigée par le Président de la République francaise. Pays qui a gravé dans le marbre de sa loi la reconnaissance du Génocide arménien, pays, où j'ai eu la fierté représenter la République d'Arménie pendant près de dix ans, durant lesquelles plusieurs dizaines de rues, de places, de jardins, de monuments et de khatchkars avaient été inaugurés en présence des représentants des hautes autorité nationale et locale française et de la communauté arménienne de France.

Madame la Maire,

Cet élan de solidarité avec l'Arménie et le peuple arménien traduit au niveau international, vers une véritable prise de conscience du fait que l'ère des génocides n'appartient pas à un passé révolu, et que la prévention des crimes contre l'humanité doit requérir l'attention constante du monde civilisé et concentrer tous ses efforts, sans subordonner cette noble cause à aucun calcul géopolitique.

Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

C’est une bonne occasion de presenter l'excellent dossier spécial de la revue Politique Internationale, dont je salue le Directeur, mon ami, Patrick Wajsman, ici présent, il contient des articles et entretiens du Président Arménien, des Presidents actuel et precedent de la France, de Charles Aznavour, ainsi que de grands experts du droit international et du génocide de renommée mondiale.

Le but de cet édition n’est pas seulement de faire apparaitre les aspects reliés au Genocide armenien, mais de devoiler également les aspects juridiques et politiques, du crime le plus criminel - du génocide. Car, derrière les termes génocide, crime contre l’humanité il y a le destin de millions d’etre humains qui ont vu leur vie brisée. Les efforts infatigables de l'Arménie, menés en faveur de la lutte contre le négationnisme, ainsi que la prévention du génocide, visent à consolider cette conscience, parce que le peuple arménien, qui a survécu au premier génocide du XXe siècle, éprouve une grande responsabilité morale pour apporter sa contribution aux efforts internationaux. Un temoigne la resolution initie par l’Armenie, adopté par consensus le 27 Mars par le Conseil de droits de l’homme de l’ONU.

Madame la Maire,

Il y a une valeur hautement symbolique, dans votre décision d'éteindre la Tour Eiffel en signe de solidarité avec le peuple arménien le jour où, pour la première fois dans son histoire, l'humanité commémorait le centenaire d'un génocide.

Il m'est particulièrement agréable de me trouver dans cette salle si familière et de constater que cette belle tradition dont j'ai pu assister à sa création avec votre prédécesseurs, Bertrand Delanoë, pour qui j'ai une pensée chaleureuse, devenues désormais un rendez-vous annuel, qu'elles ont trouvé une suite attentionnée à l'égard des Parisiennes et des Parisiens d'origine arménienne toujours aussi nombreux, regroupés autour de vous à l'occasion de cette réception dédiée à la mémoire de leurs ancêtres. L'inauguration de l'exposition, Madame la Maire, avec un titre aussi éloquant - Paris accueille le Mémorial du Génocide d'Erevan - en est une excellente démonstration, donc je voudrais specialement remercier vous, Madame la Maire et Monsieur le Directeur du Musée-Institut du Génocide arménien et le commissaire de l’exposition.

Je sais aussi, Madame Hidalgo, votre intention de vous rendre en Arménie cette année en octobre. Sachez, Madame la Maire, que vous serez toujours bienvenue à Erevan afin de développer le partenariat établi entre nos Capitales et afin de mieux connaitre l'Arménie où vous êtes considérée comme une grande Amie.

Je vous remercie.

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